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Pourquoi voter aux présidentielles françaises ?

Posté par breizhim-Gael le 1 avril, 2017 dans , ,

Dans son testimonial du mois de avril 2017, Jean Pierre Le Mat se pose la question de l’utilité d’un président et des élections.

Elire un président, vraiment ?

Les « citoyens » nous disent et nous répètent qu’il faut voter. Pour choisir celui qui va nous gouverner. Le candidat doit présenter un programme, pour que tout le monde sache ce qu’il va imposer aux Français.
Le premier devoir de ceux qui y croient serait, logiquement, de lire tous les programmes, de l’extrême-droite à l’extrême-gauche. Le deuxième devoir serait de choisir celui qui semble, après lecture, le plus pertinent.

Excluons du jeu ceux qui ont choisi leur candidat avant de lire les programmes. La lecture partielle ou totale ne sert dans ce cas qu’à se rassurer. Les convaincus cherchent les morceaux de programmes qui justifient leurs préjugés. Ils trouvent forcément le bien dans le programme de leur champion, le mal dans les programmes de ses adversaires. On conviendra que c’est là un exercice très répandu, mais inutile.
Ceux qui ont lu cette fois-ci les 11 programmes dans leur intégralité sont peu nombreux, sans doute moins de 1% des électeurs. Ceux qui les lisent sans être au départ des convaincus ou des militants sont moins de 1% des premiers.
Alors, à quel jeu joue l’immense majorité des électeurs ?
Elire un administrateur, un rêveur ou un imprécateur

Les uns votent, non pas pour un gouvernant, mais pour un administrateur. La différence est qu’on ne demande pas à un administrateur un programme extraordinaire ou alléchant, mais de faire fonctionner les institutions et le fameux « état de droit ». Les compétences requises ne sont pas calculées par une agence de notation, mais annoncées par le candidat lui-même. Il peut se prévaloir d’une expérience gouvernementale, de diplômes prestigieux, d’une moralité irréprochable, d’une jeunesse prometteuse. L’électeur choisit l’argument qui lui semble le plus rassurant. L’ENA, malgré sa mauvaise réputation, fournit des administrateurs crédibles, partout à la manœuvre dans la fonction publique et dans les grandes entreprises.

D’autres votent pour un rêve : revenu universel, prospérité économique, effacement de la dette, fin du terrorisme, ordre moral, grandeur de la France. Bien que les idéologies aient beaucoup vieilli, le rêve peut être aussi celui d’une pureté idéologique, marxiste, gaulliste, ou que sais-je encore.
Un rêve collectif est puissant, car il donne une identité à ceux qui en manquent. Mettre un bulletin dans une urne permet de montrer que l’on existe. Ce bout de papier de mauvaise qualité permet de s’affirmer. Être de gauche ou même, soyons fou, « insoumis ». Être de droite ou, encore plus vertueux, gaulliste social.

D’autres encore votent pour désigner un bouc émissaire. A l’extrême-droite, le bouc émissaire sera un groupe social ethnique ou religieux. Musulmans contre tradition judéo-chrétienne. Allogènes contre Français de souche. A l’extrême-gauche, la malédiction touche des groupes professionnels : les salauds de patrons, les agriculteurs-tous-pollueurs, le « privé », la finance. Certaines détestations, comme celle des capitalistes américains ou des émirs qataris, sont des extrémismes polyvalents. Ils font le lien entre le rejet ethnique et le rejet social.

De quoi la Bretagne aurait-elle besoin ?

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